Comme la presse s’en fait l’écho, des incidents compliquent la vie des cinéphiles sétois. C’est regrettable, mais il y a plus grave. Des difficultés financières mettraient en péril l’avenir de nos dernières salles de cinéma. Cette situation ne relève pas de l’anecdote et ne peut donc pas être traitée à la légère, comme semblent le faire les élus de la majorité municipale. Historiquement, « aller au cinéma » est une des « sorties » sétoises. Au delà des comportements, les salles de cinéma ont participé au battement du cœur culturel de la villle. Particulièrement le « Colisée », actuel (et ancien) « Comœdia » ; Les cinéphiles en ont fait leur panthéon, de ciné-clubs en clubs-ciné On n’y compte plus les soirées de débats et de réflexion à partir d’une toile. A tel point d’ailleurs que, prenant en compte son statut d’ancienne salle de théâtre, son poids patrimonial dans l’activité culturelle récente, la Ville a tenu à racheter ses murs. L’esplanade – et, au delà, le cœur de ville - aurait-elle d’ailleurs un cerveau sans ce monument culturel ? Qu’il y ait des difficultés de gestion, on peut l’entendre. Qu’elles soient irrémédiables, on ne peut s’y résigner. Si les contraintes d’une gestion fondée sur une logique froidement comptable mettent « l’entreprise » en péril, on peut imaginer d’autres mode de gestion, notamment pour le « Comoedia » dont les locaux sont propriété communale. A Frontignan, le « Ciné MISTRAL », sous le contrôle de la municipalité, ne fait-il pas preuve d’un beau dynamisme ? Ne peut-on y chercher l’inspiration pour trouver des pistes conduisant à une gestion innovante de la culture cinématographique à Sète ? Nous appelons donc le Maire à rassembler les énergies et les compétences pour sauver la projection cinématographique et un pan important de l’activité culturelle de notre ville. On ne peut pas se féliciter que notre ville soit un site aimé des cinéastes, recherché pour sa chaleur humaine et la dépouiller de tout lieu de monstration, habité par la cordialité et l’envie du partage de l »intelligence. On ne peut imaginer le centre ville en désert culturel, la nuit tombée. Ce serait un appauvrissement grave de la vie sétoise.